Félix LAFORTUNE

Félix LAFORTUNE

Parfaite adéquation de l’audace naïve et de l’arrogance des certitudes mystiques, l’œuvre stricte- ment religieuse puise dans les profondeurs du culte vaudou et nous conte ses faits les plus macabres, ses nuits sans lumière où les personnages semblent flotter dans une atmosphère rendant indissociables le mythe et la réalité. De grandes plages de couleurs pures souvent acides, dynamisent un indiscutable pourvoir expressif. La jouissance créatrice, venant par aplats, reproduit le merveilleux haïtien. Les relations avec les loas invitant le regardeur dans un monde de fantasmes où prédomine la mort. Un grand silence plane sur cette apesanteur articulée par un dessin maladroit.
L’artiste ne se soucie guère du spectaculaire. Le dessin devant occuper tout l’espace, il remplit les vides d’une ornementation flori- cole suggérant une animation décorative.
Teintes chaudes ou acides, cette peinture dramatique retient par sa palette naïve qui témoigne de sa spontanéité. Peintre essentiellement religieux, Lafortune Félix reste au service de sa mémoire inconsciente et des messages du monde merveilleux des loas. Hermétique à toute influence, son œuvre ne charrie que sa ressemblance avec le grand Hector Hyppolite.s
Michel Philippe Lerebours nous dit que le langage de Lafortune Félix est beaucoup plus direct, beaucoup moins élaboré que celui d’Hyppolite, mais il est plus enjoué et plus audacieux.
On se croirait dans un monde où les loas et leurs attributs partagent la vie des hommes qui évoluent dans un état second.
Ce qui nous séduit dans la production de Lafortune Félix, ce sont ses représentations de Erzulie, juste et placide dans son manteau bleu traditionnel, son auréole faite du symbole de ses sept douleurs.
Respect !